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Mars 2008
Galerie Le Bars à Douarnenez en Bretagne




Etre devant rien, se poser, attendre et regarder. Attendre de sentir la courbure de la terre, en être au plus près, l’épouser.
Petit à petit des choses apparaissent, des petits riens, une flaque, des reflets, la brume, un chemin d’eau qui mène à la mer, un nuage d’oiseaux qui s’envole, comme une pierre levée, ce vieux pieux qui émerge du sable, quelques galets posés là où la marée les a abandonnés, et puis - et surtout - cet infini liquide, cette masse tantôt grise, tantôt verte ou bleue et même violette avec une bande vert clair à l’horizon. Parfois aussi elle se confond avec le ciel, c’est ce que je préfère, lorsqu’elle n’est plus que courbure. Par beau temps, l’on ne distingue que l’écume des premières vagues, d’une blancheur immaculée, mais le plus souvent c’est une formidable gamme de gris ou, cadeau, de noirs nuages plus lourds encore que la masse d’eau.

Et puis les marées, cette ardoise magique, qui effacent tout pour recommencer demain et le surlendemain et tous les jours ...
La mer pense et dessine.

Exprimer les jeux de la brume et de l’eau, des nuages et de la lumière; traduire en peinture ces moments de la nature où la terre n’est plus tout à fait la terre mais le rêve que le brouillard et le soleil font de la terre.

La peinture n’est pas un constat des lieux ; elle doit naître d’un état d’esprit et le faire naître chez celui qui la contemple.

Après l’attente, nourri à satiété de cet univers, vient le moment de l’action : avec un peu d’encre, enregistrer l’essentiel, les émotions perçues, vite tracer quelques signes, tenter de redistribuer l’espace, capter cette lumière de miel, prendre «en notes» tout ce qui me sera utile pour réaliser le tableau en atelier, sans jamais perdre de vue ce qui en fait l’essence : la suggestion, l’économie de moyens, la mise en valeur de quelques accents dominants, le dénuement et le dépouillement.
On ne peint pas seulement avec des pinceaux et de la couleur, on peint avec un coeur battant au rythme des vagues, la peau grisée de sel, l’oeil grand ouvert sur un instant fugitif.

Alain Winance



Est-ce l’eau qui reflète le ciel ou le ciel qui reflète l’eau ?...
L’oeil hésite et tout se confond dans un éblouissement général.

Théophile Gautier




Le Grand Vase est lent à parfaire
La Grande Musique est muette
La Grande Forme sans contours.

lao Tzeu